Julie Niquette a commencé à écrire ses constats du jour de jeune maman sur Facebook il y a un peu moins de 2 ans. Enceinte, elle n’a pas perdu son côté perfectionniste, explique-t-elle, celui-ci s’étant même exacerbé avec la maternité. Elle dit ne pas avoir eu de plaisir à ses premiers temps comme maman, étant trop dans sa tête, par peur de rater son coup comme maman, habitée du désir d’être parfaite, dans tout. « Mon humour et l’absence de filtre que mes amis me connaissent n’étaient pas là pour me faire du bien à ce moment, ce qui allège généralement ma vie. J’ai aussi réalisé qu’il se passe beaucoup de niaiseries dans une vie de jeune maman. Je me disais souvent : est-ce que je suis vraiment en train de dire ou faire ça ? C’est ainsi que je me suis tournée vers ces partages sur les réseaux sociaux, qui me sortaient de mon isolement, de ma tête et me ramenaient dans mon coeur et mon naturel. Ce qui m’a surprise est la réaction très positive des gens ; on ne s’y attend pas quand c’est fait dans un élan non calculé. Je le fais depuis 18 mois et on me disait souvent que je devrais en faire un livre, que ça faisait du bien aux gens. Les mêmes raisons pour lesquelles je le faisais étaient celles pour lesquelles les gens m’en parlaient. »

Elle a douté, se disant que les gens étaient simplement gentils dans leurs commentaires, mais ça a fait beaucoup de gentils. « Une amie auteure m’a suggéré de faire quelque chose avec ces constats. Ça a été l’étincelle. J’ai écrit à l’éditeur de mon premier livre, qui a aimé, puis le livre est né. »

Quel est ton plus grand constat au sujet de devenir maman ? 

Ce qui résume toute la vie d’une mère pour moi est qu’être maman, ça demande beaucoup, mais ça donne encore plus. Si on savait avant de l’être ce que ça demande, ne serait-ce que la gestion de tes émotions face à ton enfant, on n’en ferait pas ! Je trouve que c’est une invitation à faire du travail en soi pour ne donner que le meilleur de nous à notre enfant.

Ce livre n’est pas un guide de maternité trop sérieux, la lecture se veut légère, rassembleuse, nous fera sourire et réconfortera. Qu’aimes-tu et que n’aimes-tu pas de ce qui se fait dans les outils et produits qu’on propose aux mamans ?

Je crois qu’avant, on était moins informées. Maintenant, tout existe et son contraire. Ça manque parfois de nuances. La surinformation nous éloigne de notre intuition de maman. Les fois où je vivais quelque chose pour la première fois, je savais si ce qui se passait était correct ou pas. C’est important de revenir à notre intuition.

« On dit que ça prend un village pour élever un enfant. Ce qui m’aide le plus à être une bonne mère, ce sont celles qui m’entourent et qui font une différence dans ma vie. C’est important de les saluer, ce n’est pas un métier reconnu. On juge encore beaucoup celles qui restent à la maison, alors qu’on sera impressionné devant celles qui sont débordées par le travail. Le métier le plus important reste celui de maman, à mon humble avis. C’est ce que je salue dans le livre. » 

Quel a été le plus grand défi avec l’écriture de ton 2e livre ?

Je n’ai pas eu de plaisir à écrire le premier, j’étais trop dans ma tête, je voulais que ce soit parfait. J’ai voulu une coach d’auteur pour celui-ci et j’ai consciemment décidé d’avoir du plaisir à l’écrire, pour tout le temps qu’on y met. D’arrêter de penser au jugement possible des gens : ha mon Dieu, pourquoi ils ont publié ça ? C’est pas si bon que ça…, tout ce que notre cerveau peut se dire. Je l’ai d’abord écrit pour moi, pour mon fils qui le lira plus tard. Qui a la chance de publier le journal de vie de son bébé ? C’est un privilège, mais c’est aussi le journal de toutes les mamans. Je n’ai rien inventé, les défis sont très similaires pour toutes les mères : ne pas dormir, se retrouver comme couple, etc.

Tes constats sont très imagés, on y voit immédiatement une situation ou quelqu’un. Qu’est-ce qui te fait le plus rire dans ton quotidien de maman ?
Imaginer comment mon fils me perçoit. Je lui fais manger du saumon en dansant et chantant pour lui faire croire que c’est super bon, même s’il n’aime pas ça. C’est de m’imaginer ce qu’il peut se dire dans de tels moments. On parle du terrible two, mais on ne parle jamais du 35 ans d’une mère qui se pose plein de questions existentielles. Ça, ou déchiffrer ce que ton enfant dit quand il commence à parler. « Magnat », ici, c’était pour dire « lunettes »…Ça prend combien de temps pour comprendre ça ? Je trouve ça très drôle !

Constat dune jeune maman 2

CONSTAT DU JOUR D’UNE JEUNE MAMAN :

« Quand tu deviens maman, faire la grasse matinée signifie se lever tôt et manger gras. »

« Quand on me dit que l’héritier ressemble à son père, je fais mine que ça m’indiffère et j’affiche un sourire de politesse. Mais, j’ai invariablement l’envie de convaincre l’autre du contraire. »

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