Entendre Isabelle Fontaine en conférence est un immense enrichissement. Puisque cette surdouée de la compréhension de l’humain en donne trop peu pour le grand public, on se console avec ses livres, qui nous permettent d’évoluer et d’apprendre. Son plus récent parle du courage, une thématique qui l’a captivée dans les dernières années. Voici ce qu’Isabelle avait à nous dire sur le sujet.

livre Isabelle Fontaine le Courage

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis que tu t’es intéressée à la notion de courage ?

Le courage est une énergie qui peut être activée quand elle n’est pas là. Maintenant, si je fais preuve de paresse ou de lâcheté, je sais que c’est un choix, parce que j’ai le pouvoir de l’autre option. Ça s’acquiert. Il y a quelques années, mon quotient de courage était peut-être de 6 sur 10. Je pense l’avoir significativement augmenté, parce que je sais comment fait intervenir la biochimie du courage dans mon cerveau. Le courage est biochimique. Quand tu es capable de peser sur PLAY pour sécréter les bons neurotransmetteurs, le courage va arriver ou augmenter dans ton cerveau.

Penses-tu que c’est inné au même niveau chez chacun ?

 Je pense qu’on vient au monde avec un tempérament qui prédispose à être plus courageux que d’autres ou non. Mais on a tous un potentiel de courage qu’on n’a pas maximisé. Je pense que le courage vient avec certains circuits neurologiques et que chez certains, on doit rajouter l’option.

Est-ce que pour toi courage est synonyme de sortie de zone de confort ou pas nécessairement ?

Oui, dans le sens ou si c’est facile ou le coeur ne te débat pas, ça ne requiert pas de courage, qui est la difficulté, l’adversité. Pour moi, c’est un ingrédient de base pour une vie pleine. Ça en prend pour faire face à la peur, la fatigue ou au désir d’arrêter, pour résister à l’indifférence. Même quand ça fait que tu doives travailler la nuit, défendre des gens, quand ce n’est pas populaire de lever la main. Le courage de tes opinions, de l’intégrité, de dire les choses qui ne vont pas dans le sens que tout le monde pense. J’aime beaucoup cette forme de courage.

Il y a aussi le courage des marathoniens, de la souffrance du corps, le courage d’entrer dans un immeuble en feu pour sauver des gens ou cacher des juifs dans son sous-sol, sachant que s’ils sont trouvés, ta famille risque d’être tuée. Dans le vrai gros courage, tes valeurs sont plus fortes que tes intérêts personnels. C’est très beau.

À quel moment as-tu manqué de courage ?

J’ai conservé dans le passé un emploi 2 ans de trop. J’ai honte de m’être servie en premier et ne pas avoir donné 100% de ce que j’avais dans le ventre. D’avoir manqué de courage pour générer moi-même l’enthousiasme ou de sacrer mon camp sachant que ce n’était plus ma place. Ma patronne de l’époque me donnait 100 de mon salaire et moi, je ne donnais plus mon 100%. Je ne veux plus jamais faire ça.

Vous êtes honteux d’avoir manqué de courage ?

Brené Brown dit que la honte doit comporter 2 ingrédients pour survivre : ça doit être secret et se vivre dans la solitude. Quand ça arrive, allez voir quelqu’un d’empathique pour lui raconter l’objet de votre honte et ainsi la briser.

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