C’est un peu par hasard que je m’assois face à Cadleen Désir pour découvrir son entreprise, Déclic. Au fil de notre conversation, la vie me confirmera une énième fois qu’il n’y en a pas, de hasards. Voici le résumé de la naissance d’un coup de foudre professionnel.

Déclic, c’est le résultat de la vision, mais surtout la mission d’une jeune femme de 36 ans. Née il y a 10 ans, d’abord avec des services mobiles, l’entreprise compte maintenant 2 cliniques où l’on retrouve, sous un même toit, une dizaine de spécialistes du développement de l’enfant. Orthophonistes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychoéducateurs, nutritionnistes, musicothérapeutes, infirmières, orthopédagogues et psychologues aident les enfants à différents niveaux. Que ce soit un enfant de 2 ans et demi qui ne parle pas encore, en enfant vivant avec un trouble autiste ou intellectuel, le trouble à intégrer les aliments solides à bébé pour une jeune maman ou pour aider un jeune de 5e année à préparer son entrée au secondaire, Déclic accompagne les parents dans tout ce qui touche le développement régulier de l’enfant, dans son éducation ou sa santé.

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La petite histoire

Cadleen a d’abord complété un baccalauréat en psychologie. Puis, pour payer sa maitrise à venir, elle travaille comme éducatrice en CPE pendant 10 ans. Elle n’était pas certaine de vouloir être psychologue, mais était certaine de vouloir travailler avec le enfants, où elle se sent comme un poisson dans l’eau. C’est grâce à sa relation avec une petite fille de son groupe, atteinte de spida biffada, qu’elle tombe en amour avec le  processus de développement irrégulier. J’ai tant grandi. Et je le constatais aussi pour les autres enfants, de qui je voyais le regard différent. Ce sont des choses qui ne s’apprennent pas. On ne peut pas faire des ateliers sur la différence, on doit le vivre. Un peu comme les voyages. Tu as beau regarder des livres, mais tant que tu ne le vis pas… Comme la pauvreté ou l’intimidation et plein de choses dans la vie. Je me suis dit que ça devrait exister, des gens qui aident les enfants à besoins particuliers à intégrer un groupe à développement régulier. Ça n’existait pas. Elle travaillera ensuite en agence de placement, puis fera sa maitrise en psychopédagogie. Un concours de circonstances m’a mise en arrêt de travail. Puis, j’ai appris que j’étais enceinte et je ne voulais pas retourner dans mon précédent environnement où je vivais un conflit de valeurs. Avoir un bébé dans un environnement de stress. J’ai décidé, en parlant avec mon chum, de lancer mon entreprise de ressources en ce sens. Je me suis dit que j’avais 9 mois pour pouvoir faire vivre ma famille, j’ai parti Déclic. Au début, je me déplaçais dans les milieux de garde, au bout de quelques mois on était 6. J’ai pris des cours d’entrepreneuriat, j’ai appris sur le tas.

Cadleen Désir sur…

Le travail d’équipe

Les besoins ont toujours été là, des enfants ont toujours eu des défis, mais on y répondait différemment, explique-t-elle. Le classique est que le parent ne sait pas où aller, est mis sur une liste d’attente par le CLSC, il attend et attend encore. Puis, l’enfant arrive à l’école et c’est trop tard, et c’est à recommencer. Il y a plein de professionnels qui travaillent chacun de leur côté, nous on a décidé de rallier ça et avoir sous un seul toit une équipe. Ça va devenir de plus en plus fréquent, pour la richesse que ça apporte au parent de ne pas avoir à travailler à de nombreuses portes, et la richesse de travailler ensemble, aussi. L’interaction est riche. Il n’y a plus juste une limite sur le besoin de l’enfant. Le parent suit dans la salle pour apprendre et pour suivre le développement de son enfant. Notre équipe est formée d’une trentaine de personnes, on prévoit doubler cette année.

team

La normalité

C’est tellement une bonne question. Je ne sais pas si je prononce le mot normalité dans la vie, j’ai de la difficulté avec ce mot. Personnellement, mon approche n’est pas une approche de normalité, n’est pas de dire nivelons tout le monde pareil. Ce n’est pas beige. Les gens ne sont pas pareils. Mon mode de gestion est une approche qui est par talent. Chaque personne qui travaille chez Déclic passe un processus où on découvre ses talents. Un talent, c’est quelque chose que tu as, que tu portes et que tu fais de façon exceptionnelle, mais que tu ne sais pas que tu le fais ainsi. On t’apprend à mettre des mots dessus. Moi, j’ai un talent d’inter-individualisation. J’ai la capacité à savoir comment m’adapter à une personne, savoir ce qu’elle aimerait. Comme parler, dire la chose difficile à dire. Ce que je demande aux gens est de toujours poser un regard positif. Un enfant qui entre ici y est parce que le parent voit que son enfant vit des défis. En partant, il y a un deuil de quelque chose. Peut-être, parfois celui de l’enfant parfait. Il arrive souvent avec une impression de moins au niveau de l’estime. Quand tu sais ce que tu as d’exceptionnel, ça n’enlève rien aux autres et ça permet de poser un regard exceptionnel sur les gens. Donc, la première question qu’on pose aux parents est quel est le talent exceptionnel de votre enfant ? Ça nous aide tellement dans la thérapie de faire découvrir au jeune qu’il est créatif, méticuleux, a de l’humour. Poli, ce n’est pas un talent, on apprend à être comme ça pour avoir autre chose. Un talent, c’est plus fort. Je veux que chaque enfant qui sorte d’ici sache que peu importe ce qui se passe dans la vie, il aura toujours ça et que ça l’aidera à passer à travers. Donc, pour revenir à la question de la normalité, c’est contre mes valeurs et mes principes. Les examens veulent qu’on ait tant de %. Ce n’est pas ça la vie. À compétences égales, c’est le petit quelque chose que tu as de plu. Et, quand tu le sais, tu mets l’énergie dedans et les portes s’ouvrent. Ce qu’on veut dans la vie, c’est être heureux, non? Et c’est ce qu’on veut pour nos enfants. La première chose est de se centrer à ce qu’on porte, à nos forces. En tous cas, j’y crois, énormément. Je crois que la normalité étouffe. Et oui, tu peux être meilleur que l’autre dans telle chose. Ça n’enlève rien à l’autre. Au contraire ! Tu es bon, es-tu fier de toi ? Merveilleux ! On n’a pas de mal à dire tu n’es pas bon dans ça, ceci est un défi pour toi, tu as de la difficulté. Pourquoi on ne pourrait pas dire qu’on est bon ? Mais, aussi, il va de soi qu’à un certain âge, il y a des choses qu’on doit avoir développées, des capacités, comme si un enfant de 2 ans et demi ne parle pas encore, ça va lui entrainer des difficultés. C’est l’âge d’interaction, ensuite, 3 ans, c’est l’imaginaire. Donc on peut avoir un retard à ce niveau. Il y a des phases de développement, des moments où on s’attend à ce qu’un enfant ait acquis certaines choses naturellement. Mais je ne m’attends pas à ce que tout le monde soit normal.

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L’entrepreureuriat

J’ai toujours eu une attitude entrepreneure. J’ai toujours mis sur pied des projets et trouvé le bon modèle pour faire en sorte que ça se réalise. Je n’ai pas tant pensé à la business, comme sauver ma peau et faire vivre ma famille. Me réaliser dans quelque chose qui était cohérent avec mes valeurs. Le côté clinique prend de plus en plus de place, comparativement au côté mobile lancé il y a 10 ans.

Le processus d’être en affaires

Il m’a appris ma raison d’être. Ça l’a confirmé. J’ai décidé de porter une mission. Est-ce que je ferais autre chose? Pas du tout. Je me sens complètement dans mon élément. Je trouve ça génial de savoir que dans mon parcours et ma vie, je suis dans ma mission de vie. Je l’ai appris assez jeune, j’ai parti Déclic j’avais 26 ans. Je trouve ça beau de pouvoir être dans ma mission de vie et de pouvoir offrir ça à mes 3 enfants, qu’ils puissent dire j’ai vu ma maman heureuse, mes parents heureux. C’est parfois difficile, mais je ne ferais pas autre chose. Même dans mes amitiés, je vois que ça crée du mouvement. Une personne qui rayonne, ça fait rayonner les autres autour. Ça m’a apporté une confiance en moi.

Une épreuve

Il y a quelques années, je me suis associée avec un très bon ami de longue date. C’est ce qui a permis de pouvoir partir la clinique de Laval. Il est récemment décédé, après 8 mois d’un diagnostique de cancer. Ça été un moment extrêmement difficile pour moi. C’est aussi un apprentissage d’affaires, tu as l’impression que ton monde s’écroule. À l’hôpital, il m’a dit On a une mission, elle continue. Je continue de la faire avancer, à voir que la raison d’être de Déclic est beaucoup plus grande que moi et mes besoins personnels. Je pourrais ne plus être là demain, la mission va demeurer. Cette épreuve m’a permis de détacher Déclic de moi-même.

Être sur son X

Je pense que je suis sur mon X. Que j’ai toujours tourné autour de ce que j’aime. Le rire a toujours été très important pour moi. Le plaisir a tout le temps fait parti de ma vie. Je trouve ça très difficile de se prendre au sérieux quand tu es dans le monde de l’enfant. Moi, je ne pourrais pas. L’auto dérision vient. Tu ne peux pas regarder un enfant d’en haut. Tu sais, le fameux lâcher-prise. On l’avait tellement, enfant. Ça me ramène à ça d’être avec eux tous les jours. Je porte le plaisir, tout le temps.

Déclic a été beaucoup de défis, un après l’autre. J’ai eu de la résilience, vu le coté positif. J’ai aussi la chance d’avoir 2 parents entrepreneurs. Sans eux, j’aurais davantage paniqué. Avec eux c’est : hey, il y a pire que ça. On va s’en sortir, c’est une étape. Mes parents m’ont toujours ramenée à : c’est un défi, tu as des outils, tu ne vas pas mourir. J’ai ce muscle-là. Je l’ai développé, de ne pas laisser l’anxiété et le négatif prendre le dessus. J’aime aussi m’entourer de gens d’affaires et je fais partie d’un groupe. Progresser par l’entraide. Échanger sur ce qu’on vit. Tu n’as pas le choix de grandir, comme être humain, si tu veux faire rayonner ton entreprise. Je suis très orientée vers le progrès.

Progression VS performance

Aller au meilleur de moi-même. Ton meilleur peut ne pas être mon meilleur. Plus on progresse dans qui on est, plus on se défait d’artifices et on se libère et on devient encore plus puissant. Je ne me limite pas dans mon désir d’aller plus loin.

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Les talents particuliers de Cadleen sont définitivement d’avoir une grande solidité d’affaires pour son jeune âge et un côté humain excessivement fort. Un équilibre qui lui vient peut-être de s’être intéressée à un jeune âge à la psychologie. Elle est habitée par son intérêt pour l’humain, rayonne d’une solidité en elle-même. Depuis cette rencontre, elle fait partie des gens qui nous viennent en tête quand on parle d’entrepreneurs de cœur.

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Déclic | Intervention éducative      Montréal & Laval • 514 593-9993

declic.com

A propos de l'auteur

Éditrice et rédactrice en chef du magazine Partout Ici. Amoureuse des mots, des animaux, de mon homme, de ma vie.

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