Est-ce que je me trouve belle ? Si je réponds non, me ferais-je dire que j’ai une faible estime de moi ou que je suis hypocrite ? Dans l’affirmative, comme étant confiante ou prétentieuse ? En même temps que l’on veut enseigner aux gens d’être bien dans leur peau et fiers de qui ils sont, quand on parle d’apparence physique et d’image, le jugement est encore très (trop) présent. Pourtant, la beauté passe d’abord par la tête selon moi, puisqu’à quoi bon avoir été gâté par la nature si notre intérieur n’y croit pas, ou la personne derrière ces beaux traits est désagréable, mesquine, tourmentée ? Je dis souvent que les plus belles filles sont celles qui ne le savent pas trop.

J’ai longtemps eu quelques livres en plus que la moyenne des filles de mon âge, de 10 à 19 ans. De 14 à 19 ans, pour 5 pieds et 8 pouces, j’ai pesé environ 175 lbs. Tristesse, mal-être, solitude. Pourtant, si je me fie à l’indice de masse corporelle, c’est un poids santé. Puis, à 19 ans, j’ai perdu 35 lbs en 3 semaines et la balance afficha alors 128 lbs, poids que j’ai maintenu jusqu’à mes 27 ans. Je croyais que c’était ça, le bonheur. Une shape à mon goût (ou à celui des autres ?), des jeans de taille 25, des vêtements de taille 0. Une obsession réelle de correspondre à quelque chose qui avait longtemps été juste pour les autres. Relation amour-haine avec la bouffe, coupe-faim, fat burner, entraînement intensif et régulier, « pour ne pas engraisser ». Ai-je souffert de trouble alimentaire ? Je ne l’ai jamais qualifié de tel, mais je suis certaine que oui. J’ai toujours vécu une guerre dans ma tête face à mon poids, ce que j’avais mangé dans la journée, la taille de mes vêtements (qui ne me font plus pour la plupart, mais que je conserve, « au cas »…) et la comparaison constante aux femmes, souvent beaucoup plus jeunes que moi, dans les publicités. Nuance importante à faire, je ne fais pas ici une crise de complexes. Je sais de quoi j’ai l’air, ça pourrait être bien pire, je suis heureuse avec mon moi. Peu importe nos traits et l’apparence de notre corps, l’humain est en général toujours un peu insatisfait de ce qu’il a.

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Notre magazine sur l’image corporelle m’a permis une grande réflexion. Aujourd’hui, à 31 ans et 164 livres, je peux avouer que je ne suis pas tout à fait en paix avec ce chiffre. Par contre, je n’ai jamais été aussi en santé. Ce poids est celui de mon corps sans pilules pour le contrôler, sans régime ou privation. Je suis épicurienne. Je cours avec mon chien et joue au tennis avec des amis, pour le plaisir et pour prendre de l’air, pas pour maigrir. Je crois donc que ce poids est sensiblement celui que je dois avoir, selon mon âge, ma génétique, mes habitudes de vie et les abus et périodes de yo-yo que je lui ai fait vivre pendant près de 10 ans. J’ai choisi de partager les vraies affaires avec vous puisque c’est ce qu’ont fait les personnes extraordinaires qui se sont livrées dans les pages de notre numéro sur le sujet, pour moi, pour vous, alors que je voulais parler d’un des grands combats de l’être humain, son rapport à son image. Et si le bien-être se trouvait aussi dans l’acceptation, à quelques kilos de plus ? Que vous dit le miroir, ou plutôt, que lui dites-vous ?

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Des ressources :

www.anebquebec.com

www.equilibre.ca

Linda Lanthier au Centre Ancrage : www.centreancrage.com

www.cliniquealimentation.com/specialiste/dt-p-nutritionniste-linda-lanthier/

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