Cette entrevue est tirée du magazine Partout Ici, Dossier spécial sur l’image, #1 Vol. 4, automne 2012.

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Mathieu Baron s’est fait connaître avec son passage remarqué dans la 2e cuvée de Loft Story. À l’aube de ses 29 ans, il a choisi de changer son image, de façon assez marquante, reflétant exactement où il est rendu dans son parcours de vie. Après avoir été étiqueté pendant quelques années comme le gars aux gros bras et aux multiples tatouages, Mathieu entame aujourd’hui un nouveau chapitre dans son parcours professionnel. Rencontre avec un homme charmant, accessible et authentique, qui n’a pas peur de dire les vraies affaires et dont les choix de vie sont dictés par le respect et la liberté.

Je t’ai connu il y a 10 ans, tu avais une silhouette similaire à celle que tu as aujourd’hui.

Sensiblement, oui. À 18 ans, j’arrivais d’Europe où je faisais de la boxe, je pesais 168 lbs, 26 lbs de moins qu’en ce moment. Je mesure 6’2.

Ton poids a aussi affiché beaucoup plus sur la balance.

Au plus lourd, je pesais 252 lbs. Énormément d’entraînement au gym et différents suppléments pour prendre de la masse. J’assume entièrement cette période de ma vie. Il y a beaucoup de préjugés sur les gens des téléréalités, j’en ai vécus.

Quel était ton objectif de carrière à la fin de l’adolescence ?

Je voulais être policier. Mes buts ont changé, vu le parcours que j’ai eu. Mon père était un joueur de hockey. Je suis revenu d’Europe à 4 ans et demi avec ma mère. Mon père y est resté. J’ai fait 18 écoles, connu beaucoup de déménagements. Tout cela pour dire que je n’ai jamais eu de routine dans ma vie. Je me tanne de tout. J’ai connu presque juste le changement constant.

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Ça te nuit dans tes relations amoureuses ?

Oui. Mais je suis comme ça, c’est tout. Beaucoup d’amis me demandent quand je vais me caser. La pression qu’on a ici et l’importance accordée à l’image sociale me déçoivent beaucoup. Achète-toi un condo, case-toi ! Si à 25 ans tu n’as pas acheté de propriété et une télé 65 pouces, tu n’es pas normal. Dans l’agenda de la vie, la case «se caser» n’existe pas pour moi. Donc, est-ce que d’être ainsi m’a nui ? Oui.

Tu as été choisi pour Loft Story et tu as présenté un changement de look assez important. Pourquoi?

Je crois que c’était un trip du moment. J’avais 22 ans. Et comme pour beaucoup de jeunes, quand tu commences à aller au gym, il y a des gars de 30-35 ans qui sont trois fois ta grosseur, et veut ou veut pas, quand tu trempes dans quelque chose, souvent tu veux devenir cela. Et ce n’est pas une excuse que je donne, ce que j’ai fait, j’ai voulu le faire.

On t’a vu dans quelques rôles, souvent associés aux gros bras ou méchant garçon. Est-ce de cela que tu as voulu te défaire?

J’ai changé d’image en grande partie pour ma carrière. Sinon, je ne suis même pas appelé en audition. Aussi, j’étais tanné de ce rythme de vie, l’alimentation, l’entraînement.

Aimes-tu mieux le Mathieu que tu vois aujourd’hui dans le miroir où il t’a plu à chaque moment de ta vie selon où tu étais rendu?

J’ai toujours aimé le Mathieu que je regardais et j’aime beaucoup celui d’aujourd’hui. C’est qui je suis et où je suis rendu.

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Ton opinion sur l’importance accordée à l’image ?

Ça m’enrage un peu. Les valeurs devraient être ce à quoi l’on accorde de l’importance. Je ne crois pas que quelqu’un mérite un respect additionnel parce qu’il a six chiffres dans son compte en banque ou ce qu’il fait dans la vie. Peut-être que ces réflexions viennent du fait que j’ai trempé dans du faux longtemps.

Tu fais référence à quoi ?

La vie de clubs, qui n’est que du faux, qui amène une pression tellement inutile. Ça porte à faire des choix, qui, souvent, ne sont même pas réellement les tiens.

Penses-tu que ceux qui sont pris dans cette pression d’image sont conscients qu’ils le sont ?

Non, je ne crois pas.

Qu’est-ce qui fait que tu es allé vers autre chose ?

Peut-être l’âge. Aussi, je suis curieux de nature. Plus jeune, « Le nouvel ami ce matin dans la classe », c’était tout le temps moi. J’ai connu beaucoup de gens, avec différentes cultures, c’est ce qui m’a appris le plus dans la vie. J’ai un frère handicapé. J’entraîne chaque semaine au hockey des jeunes qui ont une déficience. Je suis avec le club de hockey Les différents depuis 6 ans. Tu peux revenir d’une soirée dans un club où l’important était la marque de vodka que tu avais achetée ou être avec ces gens là. Il n’y a rien de plus vrai, pas de jalousie, de chicanes.

Te trouves-tu beau?

Oui. Ma réponse veut dire que je suis bien avec moi-même.

Professionnellement, on peut te souhaiter quoi ?

Des rôles comme comédien ou dans les médias comme chroniqueur. Je veux travailler avec des gens qui ont envie de travailler avec moi. La radio m’intéresse aussi beaucoup.


Par Catherine Verdon – Photos : Lina Lemay www.linalemay.com

 Je croise souvent Mathieu au restaurant Piatti de Rosemère, où il aime beaucoup aller et où il a déjà travaillé.

A propos de l'auteur

Éditrice et rédactrice en chef du magazine Partout Ici. Amoureuse des mots, des animaux, de mon homme, de ma vie.

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